Les opéras du monde –
L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus beaux théâtres du XVIIIᵉ siècle en Europe

Situé au cœur du centre historique de Bordeaux, le Grand-Théâtre, siège de l’Opéra National de Bordeaux, est l’un des plus beaux théâtres du XVIIIᵉ siècle en Europe.

Le projet 

Avant la construction de l’actuel Opéra de Bordeaux, la ville disposait d’une première salle de spectacle située dans les jardins de l’Hôtel de Ville. Celle-ci fut entièrement détruite lors d’un incendie en 1755. Une nouvelle salle fut alors édifiée en 1760 à proximité de la place Dauphine, mais elle fut rapidement jugée insuffisante. Le maréchal de Richelieu, gouverneur de Guyenne, commanda alors la construction d’un édifice plus ambitieux : le Grand-Théâtre de Bordeaux.

Victor Louis par Pierre Lacour père, vers 1774 (Collection du musée d’Aquitaine)

La conception du bâtiment fut confiée à l’architecte Victor Louis (1731-1800), également connu pour avoir réalisé la salle Richelieu à Paris. Franc-maçon, Victor Louis bénéficia du soutien financier des négociants bordelais, eux aussi membres de la franc-maçonnerie. Les travaux débutèrent en 1773 et s’étalèrent sur sept années, pour s’achever en 1780.
L’Opéra de Bordeaux acquiert rapidement une grande notoriété, qui lui permettra d’accueillir les plus grands artistes : Franz Liszt, les sopranos Laure Cinti-Damoreau, et Cornélie Falcon, la mezzo Pauline Viardot,  les ténors Adolphe Nourrit, Gilbert Duprez, Giovanni Battista Rubini, Tito Schipa, la basse Fédor Chaliapine, le danseur et chorégraphe Marius Petipa, le comédien François-Joseph Talma,…

Le bâtiment

© CC BY-SA 3.0

Sur le plan architectural, le Grand Théâtre est un hommage manifeste à l’Antiquité romaine, qui fascinait Victor Louis. Par son organisation, l’édifice peut évoquer le forum  où l’espace sacré (remplacé ici par l’espace « culturel ») s’ouvrait sur l’espace public. La façade, tournée vers la place de la Comédie, se distingue par un péristyle monumental de 88 mètres de long, soutenu par des colonnes corinthiennes. Au sommet de la corniche, douze statues dominent la place : elles représentent trois déesses romaines — Junon, Vénus et Minerve — ainsi que les neuf muses de la mythologie grecque.

Galeries latérales du Grand Théâtre – © CC BY-SA 3.0
Euterpe, muse grecque de la musique © CC BY-SA 4.0

À l’intérieur, le théâtre abrite un vaste salon, longtemps appelé à tort le « Grand Foyer », aujourd’hui connu sous le nom de salon Gérard Boireau, en hommage à l’un des directeurs du Grand-Théâtre. On y découvre les portraits de grands compositeurs tels que Mozart, Rossini, Halévy, Meyerbeer, Beethoven ou encore Auber.

Marc Ryckaert – © CC BY-SA 3.0

 Le bâtiment est également célèbre pour son grand escalier à trois volées, dont l’élégance aurait inspiré celui du Palais Garnier à Paris. Plus largement, il n’est pas exclu que le Grand-Théâtre de Bordeaux ait influencé Charles Garnier dans la conception de l’Opéra de Paris.

La salle de spectacle, décorée de bleu, de blanc et d’or (hommage aux teintes du rite français de la franc-maçonnerie ?) compte aujourd’hui 1 114 places, contre environ 1 700 à l’origine. Le plafond est orné d’une fresque peinte par Jean-Baptiste Claude Robin, représentant Apollon et les Muses accueillant la dédicace d’un temple élevé par la ville de Bordeaux.

Plafond peint par Robin © Oliwan – CC BY-SA 3.0
© Caroline Notari – OnB

Quelques dates importantes

  • 7 avril 1780 : inauguration du Grand-Théâtre avec la représentation d’Athalie de Racine.
  • 1er juillet 1789 : création du ballet La Fille mal gardée (titre originel :  Ballet de la paille, ou Il n’y a qu’un pas du mal au bien).
  • 1833 : transformation du Grand-Théâtre en salle de réunion et de banquet.
  • 1864 : restauration par l’architecte Charles Burguet.
  • 1871 : le Grand Théâtre devient un lieu politique majeur en accueillant la première assemblée élue de la Troisième République, Bordeaux étant alors temporairement capitale de la France durant la guerre franco-allemande.
  • 1899 : le Grand-Théâtre est classé monument historique.
  • 1991 : importante restauration en 1991, qui rend au théâtre son aspect d’origine, notamment les couleurs bleue, or et marbre blanc de la salle centrale.

FICHE TECHNIQUE 

Architecte :  Victor Louis

Date d’inauguration : 7 avril 1780

Spectacle d’ouverture : ballet La Fille mal gardée

Nombre de places : 1114

Adresse : Place de la Comédie, 33000 Bordeaux

Site web du théâtre : cliquez ici !

——————————————————