Les brèves de janvier –

  • 19 janvier
    Zubin Mehta renonce à ses engagements en Israël pour dénoncer la politique de Benyamin Netanyahou
    À 89 ans, le chef d’orchestre Zubin Mehta continue de faire entendre sa voix bien au-delà des salles de concert. Figure majeure de la musique classique internationale, le maestro affirme depuis longtemps son refus de dissocier l’art de la politique, estimant que les artistes ont un rôle à jouer dans l’actualité et les grands débats de leur temps.
    Ces derniers mois, Zubin Mehta s’est ainsi publiquement engagé en arborant le ruban jaune, symbole de soutien aux otages capturés par le Hamas. Mais son positionnement ne s’arrête pas là. Le chef d’orchestre a annoncé renoncer à l’ensemble de ses engagements en Israël, une décision forte qu’il présente comme un acte de protestation contre la manière dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou traite la question palestinienne.
    Sans détour, Zubin Mehta va plus loin en déclarant souhaiter une défaite politique du chef du gouvernement israélien, une prise de position rare et assumée dans le monde de la musique classique, souvent perçu comme plus discret sur les enjeux géopolitiques contemporains.
    Né à Vienne en 1936, Zubin Mehta a marqué l’histoire de la musique en dirigeant les plus grands orchestres internationaux. Nommé directeur artistique en 1977, il a durablement façonné le paysage musical mondial par son exigence artistique et son engagement personnel. Aujourd’hui encore, il affirme son désir de diriger le West-Eastern Divan Orchestra, fondé par Daniel Barenboim, un ensemble emblématique réunissant musiciens israéliens et palestiniens dans une démarche de dialogue et de rapprochement par la musique.

    À travers ces prises de position, Zubin Mehta rappelle que, pour lui, la musique ne saurait être coupée du monde qui l’entoure. Au crépuscule d’une carrière exceptionnelle, le chef d’orchestre choisit de faire de ses décisions artistiques un acte politique, fidèle à sa conviction que l’art peut — et doit — contribuer à la réflexion collective.

  • 18 janvier
    Karine Deshayes et Alexandre Baldo au Conservatoire Rachmaninoff, Paris 16
    Le vendredi 23 janvier aura lieu le concert « Carte blanche de Karine Deshayes » au Conservatoire Rachmaninoff de Paris. La chanteuse, qui vient tout juste de triompher en Norma au TCE, a ainsi choisi de mettre en lumière l’un des jeunes chanteurs français les plus prometteurs de la nouvelle génération : Alexandre Baldo.
    Au programme, des pages signées Mendelssohn, Kodály, Gounod, Rachmaninov, Donaudy, Rossini et Mozart : sans doute un signe de l’élargissement du répertoire d’Alexandre Baldo qui, sans renoncer pour autant au répertoire baroque dans lequel il a connu de nombreux et beaux succès, semble s’orienter progressivement également vers d’autres horizons… Au piano : Antoine Palloc.

    Plus d’informations sur le site du Conservatoire !

    Conservatoire Rachmaninoff de Paris
    26 avenue de New-York, Paris 16
    Vendredi 23 janvier, 19h30.

  • 14 janvier
    Opéra d’Avignon
    Samedi 17 et dimanche 18 janvier, l’Opéra d’Avignon propose une version de Falstaff accessible au jeune public (l’oeuvre sera chantée en français), dans une mise en scène d’Andrea Piazza, sous la direction musicale de Frédéric Rouillon (avec Nicolas Rigas, Charlotte Bonnet, Marie Gautrot,…) Pour réserver, c’est ici !
  • 11 janvier
    L’Opéra national de Washington quitte le Kennedy Center et opte pour l’indépendance

    L’Opéra national de Washington a annoncé son départ du Kennedy Center, récemment rebaptisé Kennedy Trump Center, marquant une rupture historique avec l’institution culturelle emblématique de la capitale américaine. Dans un communiqué, la direction de l’Opéra explique ce choix par des contraintes financières devenues, selon elle, intenables depuis la profonde restructuration de la gouvernance du centre.

    Cette décision intervient après une série de bouleversements à la tête du Kennedy Center. Le conseil d’administration a été largement remanié à la suite de deux nouvelles élections, à l’issue desquelles Donald Trump a été comme attendu nommé président de l’institution. Plusieurs de ses alliés occupent désormais les principaux postes clés de l’institution. La nouvelle équipe dirigeante a affirmé vouloir « renouer avec l’âge d’or des arts et de la culture américaine ».

    Cependant, cette promesse est loin de faire l’unanimité dans le milieu culturel. Depuis l’arrivée de cette nouvelle administration, de nombreux observateurs relèvent une transformation notable de la programmation. Le nombre de spectacles artistiques aurait diminué de manière significative, tandis que les conférences de personnalités issues de l’extrême droite américaine et les séances de prière collective à la gloire de Donald Trump se seraient multipliées. Une orientation qui rompt avec la longue tradition de neutralité politique du Kennedy Center, historiquement perçu comme un espace culturel fédérateur et non partisan.

    L’Opéra national de Washington affirme que ces changements ont eu des conséquences directes sur son fonctionnement. « Les nouvelles conditions financières imposées aux résidents artistiques ne sont plus compatibles avec notre modèle économique », indique-t-il, évoquant notamment une baisse des soutiens et une incertitude accrue sur les financements. L’institution lyrique précise vouloir désormais évoluer selon un modèle indépendant afin de préserver sa liberté artistique et sa viabilité financière.

    Par ailleurs, contrairement aux attentes affichées par la nouvelle direction du Kennedy Center, la fréquentation du lieu serait en net recul. Selon plusieurs sources proches du dossier, les réservations ont chuté et les ventes de billets se sont effondrées ces derniers mois. Une partie du public semble bouder ce qui est perçu comme une dérive idéologique, rejetant à la fois les séances assimilées à de la propagande politique et les rassemblements religieux organisés dans l’enceinte du centre.

    Le départ de l’Opéra national de Washington pourrait faire figure de précédent. D’autres institutions culturelles, résidentes ou partenaires du Kennedy Center, observeraient avec attention l’évolution de la situation. Cette crise pose plus largement la question de l’indépendance des arts face au pouvoir politique et du rôle des grandes institutions culturelles dans une société profondément polarisée.

  • 8 janvierLa Ferme de Villefavard en Limousin lance un nouvel appel à projets destiné aux artistes et compagnies du spectacle vivant, dans le cadre de sa saison culturelle 2026-2027.L’appel à candidature Musique et célébration du vivant vise à soutenir la création musicale en territoire rural par le financement d’une résidence accompagnée à la Ferme de Villefavard en Limousin. Au cœur de l’axe Fabrication artistique de cette ancienne Ferme-modèle devenue Centre culturel de rencontre, cet appel à projet vise à soutenir des projets artistiques innovants qui pensent de nouvelles façons de faire découvrir le répertoire musical au cœur des territoires. Toutes les informations sur cet appel à projets sont dispoibles en cliquant sur ce lien ! 
    Date limite des candidatures : 15 février.