In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)

Jean-Philippe Courtis se forme d’abord au hautbois, à la direction d’orchestre et à la musicologie à la Sorbonne avant de se consacrer pleinement au chant. Après avoir obtenu un Premier Prix de chant et d’art lyrique au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il rejoint l’École de chant de l’Opéra de Paris dès sa création et débute rapidement au Festival d’Aix-en-Provence.
Basse au timbre noble et à la diction exemplaire, il mène une carrière marquée par une grande fidélité à l’Opéra de Paris, où il se produit régulièrement durant plus de deux décennies, de sa première apparition en 1981 dans le rôle de Lamoral (Arabella) à un ultime M. Javelinot dans Dialogues des carmélites en 1999. Son répertoire couvre aussi bien le grand opéra français que Mozart, Verdi, Rossini, Debussy ou Gounod. Parmi ses interprétations marquantes figurent Méphistophélès dans Faust, Arkel dans Pelléas et Mélisande, Melchtal et Gesler dans Guillaume Tell, ainsi que Frère Bernard lors de la création mondiale de Saint-François d’Assise d’Olivier Messiaen sous la direction de Seiji Ozawa. Très attaché à la création contemporaine, il participe à plusieurs premières mondiales et défend avec conviction des œuvres de Daniel-Lesur, Maurice Ohana, Antoine Duhamel ou Hans Werner Henze. Son art s’inscrivait dans la tradition des grandes basses francophones, privilégiant l’élégance du phrasé, la clarté de la diction et la sincérité de l’expression.
Au-delà de la scène, Jean-Philippe Courtis transmet son savoir à plusieurs générations de chanteurs. Professeur de chant à l’École Normale de Musique de Paris et au Conservatoire à rayonnement régional d’Amiens, il forme de nombreux artistes aujourd’hui présents sur les scènes lyriques françaises et internationales.
Jean-Philippe Courtis nous a quittés le 23 mai dernier, à la veille de ses 75 ans.