L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à la française !

Oratorio de Noël, Mégaron d’Athènes, 16 décembre 2025

Trois jours après leur concert à la Philharmonie de Paris, Les Arts Florissants ont présenté avec un grand succès l’Oratorio de Noël de Bach au Mégaron d’Athènes. 

L’un des moments les plus beaux, mais rares, de la saison artistique actuelle – celui de la visite d’un important ensemble étranger – a été apprécié par tous ceux qui se trouvaient au Megaron, le palais de la musique d’Athènes, pour assister au concert des Arts Florissants en cette soirée du 16 décembre 2025. L’ensemble français d’instruments d’époque, sous la direction de Paul Agnew, est arrivé dans la capitale grecque pour présenter le célèbre Oratorio de Noël, trois jours seulement après leur première à la Philharmonie de Paris. Extrait de la longue œuvre magistrale de J.S. Bach, les cantates n° 1, 3, 5 et 6 ont été choisies pour être interprétées par la soprano Miriam Allan, l’alto Georgia Burashko, les ténors Nick Pritchard (Évangéliste), Bastien Rimondi et la basse Andreas Wolf.

La soirée a débuté dans la salle « Christos Lambrakis » (malheureusement pas du tout décorée pour l’occasion) avec la majestueuse introduction de l’oratorio, exécutée par l’orchestre sur un rythme exceptionnel, mené par les tambours vifs et les excellentes trompettes naturelles d’époque qui, aux côtés des cordes, ont fait résonner avec ferveur le thème d’ouverture. La contribution du chœur, certes peu nombreux, à laquelle participaient également les solistes, a été satisfaisante, avec une bonne imbrication et unité des voix. La performance des bois était expressive et convaincante, le hautbois et la flûte se distinguant par leur qualité transparente et leur capacité à compléter et à dialoguer avec les solistes.

Parmi les contributions vocales, celle du basse allemand Andreas Wolff était sans aucun doute la plus convaincante, avec des registres graves puissants et riches, une articulation cristalline et une excellente prononciation et intonation du texte. Impressionnante fut également la récitation rhapsodique des récitatifs par le ténor britannique Nick Pritchard dans le rôle de l’Évangéliste, qui grâce à la précision, la pureté et la projection de sa voix de ténor, rappelait stylistiquement l’interprétation d’un Peter Schreier. Les contributions féminines de la mezzo-soprano canadienne Georgia Burashko (présentée comme alto) et de la soprano australienne Miriam Allan ont été nettement moins réussies. Dans les deux cas, leur projection vocale était faible et instable, et quelques problèmes ont été constatés dans la prononciation du texte allemand, le chant ne parvenant à l’auditeur que de manière incertaine et confuse. Précisons que cela n’est pas dû à l’excellente acoustique de la salle, qui a déjà accueilli avec succès plusieurs opéras concertants. Il faut également mentionner que Miriam Allan a eu de bons moments de dialogue avec Andreas Wolff et le concertino de l’orchestre, ce qui a démontré la sensibilité théâtrale dont elle dispose indéniablement.

Quoi qu’il en soit, la direction convaincante de Paul Agnew a su mettre en valeur avec vivacité la syntaxe musicale de Bach et, grâce à une maîtrise appropriée de la forme et du rythme, créer l’atmosphère solennelle et liturgique qu’exige l’œuvre. En particulier, la grandiose Cantate n° 6 finale a été interprétée par l’orchestre avec de beaux échanges entre cordes et cuivres, accompagnés par le battement des tambours et la trompette naturelle qui a repris le dernier thème mélodique si mémorable.

À la fin du concert, les membres de l’orchestre et tous les interprètes ont été récompensés par les applaudissements enthousiastes du public athénien, qui les a rappelés à plusieurs reprises sur scène.

Les artistes
Miriam Allan, soprano
Georgia Burashko , mezzo-soprano
Nick Pritchard, tenor
Bastien Rimondi , tenor
Andreas Wolf, bass Les Arts Florissants, dir. Paul Agnew

 

Le programme

Oratorio de Noël de Bach

Mégaron d’Athènes, concert du mardi 16 décembre 2025.