Genève 26-27 : en route pour de « Nouveaux mondes » avec Alain Perroux !

La première saison d’un directeur d’opéra nouvellement nommé est souvent une étape délicate. Entre les productions héritées de la direction précédente et les premières orientations du nouvel arrivant, les programmations de transition peinent parfois à refléter une véritable identité artistique. Alain Perroux, récemment nommé à la tête du Grand Théâtre de Genève, affirme pourtant qu’il n’en sera rien pour cette saison 2026-2027. Grâce à une anticipation suffisante du départ de son prédécesseur comme de sa propre arrivée, le nouveau directeur a pu concevoir une saison entièrement pensée selon ses choix et ses convictions.

Présentée lors d’une conférence de presse donnée le jeudi 7 mai, cette nouvelle programmation porte effectivement l’empreinte très reconnaissable de celui qui s’était déjà illustré par un mandat particulièrement remarqué à l’Opéra national du Rhin. Une saison audacieuse, cohérente, qui privilégie les œuvres rares, les chemins de traverse du répertoire et les compositeurs insuffisamment joués.
Le contexte n’était pourtant pas des plus simples : le Grand Théâtre de Genève devant fermer pendant un an pour travaux, l’essentiel des spectacles sera accueilli au Bâtiment des Forces Motrices. Une contrainte logistique importante qui rend d’autant plus remarquable l’ambition de la programmation annoncée.

Le public genevois pourra ainsi découvrir un parcours particulièrement éclectique à travers les siècles et les styles. La saison s’ouvrira dès le 16 septembre avec La Tempête de Frank Martin, rare chef-d’œuvre du XXe siècle inspiré de Shakespeare. Elle sera suivie d’autres ouvrages modernes ou contemporains, parmi lesquels Only the Sound Remains de Kaija Saariaho, Candide de Leonard Bernstein, Company de Sondheim mais aussi La fanciulla del West de Puccini, autre ouvrage du XXe siècle qui semble aujourd’hui connaître un regain d’intérêt sur les scènes lyriques.
Le répertoire baroque sera représenté par Theodora, tandis que le classicisme trouvera sa place avec Le nozze di Figaro, unique incursion dans le grand répertoire le plus traditionnel. Quant au XIXe siècle, Alain Perroux choisit de ne pas s’y attarder longuement : seul Il viaggio a Reims de Rossini représentera le premier ottocento. Un choix d’autant plus réjouissant que ce chef-d’œuvre aussi brillant que génial demeure inexplicablement rare sur les grandes scènes internationales (sauf erreur, il est absent des scènes parisiennes depuis la production médiocre présentée au Châtelet par Valery Gergiev en 2005).
À l’exception des Noces de Figaro, cette saison fait donc résolument la part belle à des œuvres de compositeurs célèbres mais rarement jouées, voire à de véritables raretés. Une ligne artistique exigeante qui confirme la volonté du nouveau directeur d’inscrire le Grand Théâtre de Genève dans une démarche de découverte et de singularité.

Les distributions réunies pour ces productions témoignent également d’une ambition vocale de tout premier ordre. La Tempête réunira notamment Stéphane Degout, Catherine Trottmann et Julien Dran. Dans Les Noces de Figaro, on retrouvera Jarett Ott, Lauranne Oliva et Philippe Sly. Theodora bénéficiera de la présence de Laurence Kilsby, tandis que Sabine Devieilhe et Maxim Mironov seront deux des têtes d’affiche d’Il viaggio a Reims. Natalie Dessay, qui fut une Cunégonde célèbre dans les années 2000, reviendra dans Candide en Vieille Dame, le rôle de Cunégonde étant confié à Kathryn Lewek. Enfin, l’un des événements les plus attendus de la saison sera sans doute la présence d’Anastasia Bartoli en Minnie dans La fanciulla del West.

À travers cette première saison entièrement pensée par ses soins, Alain Perroux affiche clairement ses ambitions : proposer un théâtre lyrique ouvert, curieux, exigeant et résolument personnel. Le début de son mandat genevois s’annonce ainsi sous les meilleurs auspices. Rendez-vous est donc pris dès le 16 septembre prochain, au Bâtiment des Forces Motrices, pour lever le rideau sur cette nouvelle aventure avec la première de la rare Tempête de Frank Martin.

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